Un film à la lisière du documentaire et de la poésie
De Nuages et d’Acier est né du désir de prolonger une création chorégraphique par le cinéma, non pas pour la documenter de manière descriptive, mais pour en explorer d'autres dimensions sensibles et humaines. Coréalisé avec Diane Touzin, chorégraphe de la Compagnie Crésalys, le film accompagne une création en danse contemporaine réunissant une dizaine de participantes et participants aux parcours singuliers, porteurs de handicaps visibles et invisibles.
Le film se construit comme un temps suspendu, un espace d’écoute et de contemplation, où les corps, les mots et les paysages se répondent.
Une forme hybride
Le dispositif du film repose sur l’entrelacement de plusieurs matières visuelles et narratives.
Une captation du spectacle, pensée spécifiquement pour le tournage, a été réalisée dans un lieu naturel et atypique : la Pointe de la Fumée, un promontoire rocheux en bord de mer, offrant un décor brut, minéral, traversé par le vent et la lumière.
À cette matière chorégraphique s’ajoutent des séquences d’aquarelles animées, volontairement abstraites, évoquant des nuages, des paysages intérieurs, des états émotionnels. Ces images dessinées viennent créer des respirations, des zones de transition, presque mentales, entre les différentes strates du film.
Des portraits
Chaque participant et participante a également fait l’objet d’un entretien individuel. Le principe était simple : choisir librement un lieu (domicile, espace familier, endroit aimé) et engager une discussion sans cadre rigide. Pas de questionnaire, pas de thème imposé. De simples échanges, à bâton rompu.
Au fil de ces conversations émergent des fragments de vie : des bonheurs, des difficultés, des souvenirs, des joies, des anecdotes parfois légères, parfois moins légères.
Un choix fort structure l’ensemble : les mots “handicap”, “handicapé” ou “mobilité réduite” ne sont jamais prononcés. Il ne s’agit pas de nier une réalité, mais de déplacer le regard. Le film ne désigne pas, ne catégorise pas. Il montre des sensibilités, des histoires, des portraits. Des personnes qui, le temps d’une création chorégraphique, se sont rencontrées et ont fait un bout de chemin ensemble.
Un deep-documentaire intime et organique
Une fois toutes ces matières réunies, le montage a donné naissance à un film d’environ 30 minutes. Un objet hybride, à la frontière du documentaire et de l’essai filmique, que l’on pourrait qualifier de deep-documentaire.
Le film a été tourné au Canon 5D, avec des optiques Leica, et complété par quelques plans aériens en drone Mavic 4Kau-dessus de la mer. Cette approche technique légère accompagne la volonté de rester au plus près des personnes sans devenir intrusif.
De Nuages et d’Acier a été programmé et diffusé au Festival Voie et Danse de la ville de Cerizay, affirmant sa place comme une œuvre cinématographique à part entière, à la croisée de la danse et du documentaire.




































